Zonz
Des larmes coulent le long de mon visage, ma vie suit un parcours balisé, j'ai péché mais c'est tout seul que j'ai fauté
J'ai fauté d'avoir refusé d'donner, j'suis pas une balance, j'préfère m'enterrer, j'suis pas une donneuse , c'est l'tarif j'dois payer
J'le dois à cette société, la ZONZ, m'a réclamé, jettes ta dignité au panier, enferme tes pensées, censure tes journées
J'suis pas une donneuse mon père me l'a demandé, sois brave, assume, de ta liberté enfermée, ton c½ur sera soulagé
J'compte les jours, j'pleure
Sur mes erreurs passées, à m'demander se qui se serait passé si j'y avais pas été,
J'suis la à pleurer dans cet endroit, froid, quatre murs pour t'étouffer, promiscuité,
Dans cette pourriture qui nous sert de gite, la maison, la haut, grise, j'suis agité
Quatre murs à nous regarder pisser, chier, des animaux sont mieux traités
Même la bouffe veut nous faire expier nos pêchés, tu m'diras c'est pas Fauchon, toute façon moi j'ai pas droit au cochon
De toute cette saleté j'me suis habitué, les cafards, j'passe mon temps à les compter, tu sais du temps j'en ai
J'ai commis une faute
La faute celle qui te met au rang d'la société, incapable d'écouter, juste censuré, mais qui t'es pour m'juger ?
Des larmes pour qui, des larmes pour quoi, d'toute façon à 7 heures j'dois m'lever, ne pas leur montrer qu'ils m'ont marqués, marqué au fer comme du bétail parqué
J'aurais la tête haute, j'leur montrerais qu'ils se sont trompés à mon sujet, j'descendrais faire leur petit boulot, leur travail pourri, pourri comme leur idées sur la vie d'un condamné
J'pleure, j'pense à mon fils, qui pendant des mois n'aura pas aimé
Enfant tant désiré, séparé par l'enfermement, j'pleure pour lui et sa maman
Pour moi ils sont inquiets, vous en faites pas, ca va passer, l'espoir renait accroche toi ca va aller, m'a-t-elle lancé
M'accrocher ? À quoi ? Aux barreaux du désespoir, laisse glisser...
L'avocat, s't'enculé, tu m'diras c'est son métier, m'a pris par le bras, et ma chantonné
Tu sais cette chanson archi usée, sur le banc des accusé, le juge,...les jurés.... Tout ca, blablabla
Dans ma tête, j'entends le juge, un nombre juste un nombre, la durée, ta pas moyen de négocier, la sentence est tombée
En cellule mon collègue a tout perdu, il va voler une fois sorti, tu sais ici c'est toute sa vie, ici aussi c'est chez lui
Tu sais le pire en ZONZ, c'est qu't a pas d'ennemis, ton pire ennemi c'est toi, et il tire sur ta vie
Sorti d'ici j'irais voir d'autres horizons, un peu d'pognon, un peu, ma femme mon fils et une maison
J'chercherais à entendre raison, une prochaine fois, y'en auras pas, crois moi, pourtant la ZONZ, c'est une grande maison
Une grande famille, ou t'apprends que, parfois, un de tes amis c'est décroché à la vie...
Et j'pleure, j'pleure pour ceux qui sont restés, mais aussi pour ceux sortis, n'ignorez rien d'la vie, le bien le mal prenez parti
Ca fais 2 ans que j'suis sorti, j'crois que j'vous dois plus rien, ils m'ont dit fallait payer pas d'crédit
Et j'pense, j'ai fini d'pleurer,
j'pense qu'j'ai une dette, une dette pour mon fils et ma chérie, et ca, jamais j'pourrais l'rembourser
SmOoZ
(A Ali et Samia, j'ai jamais su vous dire, maintenant je sais...)